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Moteur électrique, échosondeur : ce que les poissons ressentent sous nos bateaux

  • il y a 12 heures
  • 3 min de lecture


moteur electrique et echo sondeur

Depuis une vingtaine d'années, la pêche moderne a profondément évolué. L'arrivée massive des moteurs électriques avant, couplés à des échosondeurs de plus en plus performants, a transformé notre façon d'aborder les spots. Silencieux pour l'oreille humaine, précis, confortables, ces outils sont devenus incontournables. Mais une question demeure, souvent sous-estimée : comment les poissons perçoivent-ils réellement ces technologies et leur comportement est-il influencé par ces signaux artificiels ?



Comment un poisson "entend" ?


Contrairement aux mammifères terrestres, les poissons ne disposent pas d'oreilles visibles et ne perçoivent pas le son uniquement comme une onde sonore aérienne traduite par un tympan. Leur perception repose sur deux systèmes sensoriels complémentaires : l'oreille interne et la ligne latérale.

L'oreille interne permet de détecter les variations de pression acoustique, principalement dans les basses fréquences. Chez certaines espèces, elle est renforcée par des structures osseuses (comme l'appareil de Weber chez les cyprinidés) qui amplifient la transmission du signal.

Mais c'est surtout la ligne latérale qui joue un rôle fondamental. Cet organe sensoriel, composé d'organes récepteurs  (neuromastes) répartis le long du corps, capte les micro-vibrations de l'eau, les mouvements lents, les turbulences et les perturbations hydrodynamiques. Autrement dit, le poisson ne se contente pas "d'entendre" : il ressent physiquement son environnement proche.

C'est un point essentiel pour comprendre l'impact des moteurs et des sondeurs : un signal peut être inaudible pour l'homme, tout en étant parfaitement détectable pour un poisson.


ligne latérale et oreille interne poisson

Fréquences et vibrations : ce que produisent réellement nos équipements


Un moteur électrique de pêche génère principalement des basses fréquences, le plus souvent inférieures à 200 Hz, mais accompagnées de vibrations régulières liées à la rotation de l'hélice et aux impulsions électromagnétiques allant jusqu'à 600 Hz. Ce signal est continu et localisé sous le bateau, particulièrement lors de l'utilisation du maintien de position (Spot-Lock).

La technologie du moteur influence cette signature vibratoire : les moteurs à balais produisent des vibrations plus irrégulières, tandis que les moteurs brushless, grâce à une rotation plus fluide, émettent des basses fréquences plus stables et linéaires. Ces fréquences correspondent précisément à la zone de sensibilité maximale de nombreuses espèces d'eau douce. Même à faible intensité, la régularité artificielle de ce signal permet aux poissons de l'identifier comme non-naturel lorsqu'il est maintenu dans le temps.


bruit vibration moteur electrique

L'échosondeur


Les sondeurs modernes fonctionnent majoritairement entre 50 à 200 kHz pour le sonar classique, jusqu'à 800–1200 kHz pour les technologies de type Live ou Down Imaging.

Ces fréquences sont bien au-delà de la capacité auditive directe des poissons. En revanche, chaque impulsion génère une variation de pression brutale, répétée plusieurs dizaines de fois par seconde. Ce n'est donc pas le "son" qui est perçu, mais la répétition mécanique anormale de ces impulsions, surtout lorsque le bateau reste fixe au-dessus d'un poste.



Une sensibilité différente selon les espèces


Tous les poissons ne réagissent pas de la même manière aux perturbations acoustiques et vibratoires. Leur écologie, leur mode de chasse et leur habitat conditionnent fortement leur sensibilité.



Le sandre (Sander lucioperca)


Le sandre est une espèce particulièrement sensible aux basses fréquences et aux vibrations lentes typiquement entre 20 et 200 Hz, avec un pic de sensibilité situé autour de 80 à 150 Hz. Prédateur opportuniste, souvent posté ou en suspension, il dépend fortement de la perception sensorielle fine pour détecter ses proies.

Sur les milieux très pêchés, il perçoit très bien les vibrations lentes et continues et de nombreuses observations concordent : les sandres restent présents sous le bateau, visibles au sondeur, mais deviennent nettement moins actifs lorsque le moteur électrique fonctionne en continu. Il ne s'agit pas forcément d'une fuite, mais d'un état d'alerte prolongé qui inhibe la prise alimentaire.


La perche (Perca fluviatilis)


La perche est plus tolérante et présente une plage de perception légèrement plus large que le sandre, allant approximativement de 30 à 500 Hz, avec une bonne sensibilité dans les 100–300 Hz, notamment lorsqu'elle chasse en banc. Toutefois, les gros sujets isolés montrent une méfiance accrue face aux perturbations répétées. Les variations brusques de régime moteur ou les déplacements saccadés sont souvent plus dérangeants que le bruit lui-même.

En dérive naturelle, les perches reprennent plus rapidement un comportement de chasse actif.



Le brochet (Esox lucius)


Le brochet perçoit principalement les très basses fréquences, souvent en dessous de 150–200 Hz, et se montre particulièrement réactif aux variatio.....





 
 
 

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